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21 janvier 2019

Mardi 15 janvier    Corbeil-Essonnes ... avec Christian Vouriot

Rando le long de la Seine de Corbeil au Coudray-Montceaux par Saintry

 Une découverte pour beaucoup d'entre nous ... au niveau de l'écluse de Morsang une maison témoin des crues de la Seine.
puis notre chemin nous emmène vers d'anciens batiments "les Papeteries Darblay"

Port-Darblay 138, chemin des Bas-Vignons, à Corbeil, en bord de Seine, et la papeterie du Moulin-Galant sur l’Essonne.
De l’autre côté de la butte qui domine la Seine circule la rivière Essonne. Ou plutôt les Essonnes car la rivière s’étale en bras et biefs dans une plaine qui permet d’absorber les débordements de la rivière et de les étaler avant la traversée des villes d’Essonnes et de Corbeil. Cette zone se prête évidemment à la construction de moulins, et certains d’entre eux étaient réputés pour la fabrication de papier depuis plus de 600 ans. Nous avons par exemple un peu plus en amont la papeterie d’Echarcon, à Mennecy et plus près d’ici celle du Moulin Galant qui existe depuis plus de 300 ans. C’est elle qui nous intéresse ici. Elle a toujours été un modèle de modernité qui lui a valu de fabriquer les assignats sous la révolution. C’est là aussi qu’à été créée la fabrication en continu de type laminoir, qui remplacera la fabrication feuille par feuille vers 1800. Mais, d’incendies en faillites, elle a toujours vécu des périodes difficiles avant d’être reprise par la famille Darblay en 1860. Le fils Darblay, Paul, ingénieur et industriel, et accessoirement maire de Corbeil, la modernise en profondeur et en fait l’une des plus grosses papeteries au monde pour la fabrication de papier journal dans les années 1900, reliée à la voie de chemin de fer qui suit la vallée de l’Essonne. Mais l’approvisionnement en chiffons d’origine locale ne suffit plus. On passe donc au papier fabriqué avec de la cellulose de paille, puis de bois. Ces matériaux doivent venir de loin, en gros volumes, et le transport par chemin de fer devient trop coûteux. Paul Darblay récupère donc cette zone des Bas-Vignons pour en faire Port Darblay : un terminal de la papeterie sur 10 hectares, avec quai de débarquement de 100 mètres de long, trois grues à vapeur, un pont transbordeur, et un parc à charbon. Darblay fait aussi construire un tunnel qui permet de relier le port à la papeterie, avec un train qui emmène les matières premières du port à l’usine, et le papier en sens inverse. Par ailleurs, le débit d’eau de l’Essonne ne suffit plus en été pour les besoins de l’usine et pour se protéger des risques d’incendie. Le train est donc doublé dans le tunnel par des canalisations qui envoient l’eau de la Seine vers l’usine. Le plus grand bâtiment que nous voyons ici était équipé de filtres et bassins de décantation pour épurer l’eau, ainsi que de pompes à vapeur pour faire monter l’eau dans un réservoir de stockage en haut de la colline, à raison de 300 m³ seconde.
La papeterie occupait tout une zone des marais de l’Essonne, avec en réalité plusieurs usines suivant le type de fabrication. C’est là par exemple qu’à été inventé un papier absorbant devenu tellement courant qu’il faudra créer une filiale qui lui sera dédiée : la Société du Papier Linge, plus connue sous son diminutif : Sopalin.
Dans les années 1970, l’industrie française du papier souffre car le papier vient surtout des usines géantes près des immenses forêts des pays scandinaves. La papeterie se regroupe avec celle de La Chapelle près de Rouen, pour former le groupe Chapelle-Darblay. L’usine dépose le bilan en 1980 . Elle est éclatée en 2 papeteries qui fermerons par la suite.
L’usine est en cours de démolition. Il faut dire que le site était occupé par des squatters, avec incendies à la clé. Le maire de Villabé a récupéré le terrain pour construire des quartiers écologiques hauts de gammes en zone fortement inondable ou le niveau peut monter de 2 mètres. Et tant pis si l’eau, ne pouvant plus s’étaler, inonde un peu plus la ville de Corbeil-Essonnes. Le beau bâtiment des bureaux devrait toutefois être réhabilité.
Ce qui reste ici, en bord de Seine vient d’être classé et fait l’objet de visites guidées lors des journées du patrimoine. Réservation obligatoire. Près du grand bâtiment, des rails traversent la route et indiquent le tracé du circuit de chemin de fer vers le tunnel qui traversait la colline.
Dans les villages environnants, on trouve un peu partout des édifices Darblay : écoles, cités ouvrières et autres bâtiments d’intérêt collectif, comme un lavoir.
En 1846, Aymé-Stanislas Darblay, père de Paul, a acheté le domaine du château de St Germain les Corbeil, et fait détruire l’ancien château pour y construire le château actuel.


après cette découverte visite de Corbeil 
Rue du Cloître St Spire :


La cathédrale, est le plus ancien édifice religieux de la ville. Elle fut construite au Xème siècle, par le Comte Haymon, premier comte de Corbeil, pour abriter les reliques de 2 saints et évêques de Bayeux : Saint-Exupère et Saint-Loup. Elle fut modifiée suite à des incendies et prend sa forme actuelle vers 1437. Mais elle n’a pas été construite comme cathédrale. Il s’agissait d’une collégiale de chanoines qui devient église paroissiale en 1790 dans la mesure ou la paroisse de Corbeil dépendait de celle de Saint-Étienne d’Essonnes.
La cathédrale est l’église de l’évêque, c’est à dire le patron religieux du département. Devenir cathédrale suppose donc un département. Il faudra donc attendre 1964, et la loi qui fait éclater la Seine et Oise en 3 département, dont l’Essonne, le Val d’Oise et les Yvelines pour que l’église Saint-Spire devienne cathédrale en 1966 lorsque Corbeil accueillit le siège épiscopal du 1er évêque du nouveau diocèse de Corbeil-Essonnes. Et le titre est quelque peu usurpé aujourd’hui, dans la mesure ou la préfecture s’est déplacée à Évry qui s’est à son tour dotée d’une cathédrale.La ruelle entourant l’édifice et fermée par un porche en pierre du XIVe siècle donne à l’ensemble l’aspect d’un cloître, d’où le nom du cloître Saint Spire.

 L'Essonne traverse la ville





Place du Comte Haymon : Le marché : 
La place du marché était jadis beaucoup plus petite qu’aujourd’hui car occupée par des couvents et hospices. En 1875, deux halles jumelles se faisaient face sur la partie nord de la place. Le réaménagement est accepté en 1893, et le nouveau marché couvert de Corbeil fait figure d’innovation technique. L’emploi du fer, de la fonte et du verre, le décor de céramique dans les angles et l’emploi de la brique colorée dans la partie inférieure situent ce marché dans la tradition des édifices publics de la Belle Époque, dont les halles de Paris, construites par Baltard, sont le modèle. L’ensemble, classé aux Monuments Historiques, comporte un pavillon central autour duquel se répartissent deux ailes. Sur la gauche de la halle, on remarque le fronton décoré de l’ancienne caserne des pompiers. 


Avenue Darblay :
Les Grands  Moulins de Corbeil, actuellement propriété de la société Soufflet, l’un des principaux acteurs européen dans le domaine des céréales, du stockage à la panification y compris la minoterie. C’est l’un des rares bâtiment industriel en activité en passe de devenir monument historique.

Place Galignani : statue et mairie
Statue Galignani, à la mémoire de 2 frères, châtelains d’Etiolles qui fondèrent à Corbeil un orphelinat, des écoles et surtout un hôpital/hospice
 
 
Texte de Christian Vouriot
Photos Chris

1 commentaire:

  1. Merci Christian pour ce récit historique et Christiane pour les photos.
    Bravo à vous deux

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